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Newsletter AFPric N°6


L'objectif des rhumatologues aujourd'hui n'est plus seulement de traiter la PR, mais aussi de prévenir ses conséquences, notamment le risque cardio-vasculaire.

En effet, les maladies cardio-vasculaires, ou maladies du cœur et des vaisseaux, représentent encore aujourd’hui la première cause de décès en France. On connaît pourtant bien les facteurs de risque et on s’emploie à les éviter le plus possible, mais ces messages de prévention ne touchent pas tout le monde. L’infarctus du myocarde ne touche pas que les cinquantenaires stressés et fumeurs…
Les maladies cardio-vasculaires touchent aussi les femmes, les trentenaires, elles touchent les artères des jambes et pas seulement celles du cœur ou du cerveau. Pour ceux qui sont atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques, il faut savoir qu’une maladie inflammatoire ancienne peut représenter un facteur de risque ; il en va de même pour certains traitements de ces maladies, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou cortisone.

Cette newsletter « cœur et PR » fait aujourd’hui le point sur ce sujet, pour que vous puissiez évaluer votre propre risque et aborder le sujet avec votre médecin qui se chargera de l’évaluer plus précisément.
Les maladies cardio-vasculaires ne sont pas une fatalité, on peut agir efficacement par des changements dans notre mode de vie et bénéficier de traitements qui ont fait leurs preuves.


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Le risque cardio-vasculaire,
qu’est ce que cela représente exactement ?

Il s’agit du risque de déclarer un jour une maladie cardio-vasculaire ; par maladie cardio-vasculaire, on désigne un ensemble de maladies caractérisées :
- soit par l’obstruction progressives des artères de l’organisme ;
- soit par la rupture d’une artère du cerveau.

Certaines artères sont plus particulièrement touchées, il s’agit :
- des artères coronaires qui nourrissent le cœur : leur obstruction entraîne un infarctus du myocarde ou une « crise cardiaque » ;
- des carotides qui alimentent le cerveau : elles peuvent se boucher également ou bien se rompre, c’est l’accident vasculaire cérébral ou AVC ou « attaque cérébrale » ;
- des artères qui irriguent les jambes : leur obstruction entraîne une artériopathie oblitérante des membres inférieurs ou plus simplement une « artérite ».

Le principal responsable de ces accidents vasculaires est une maladie des artères appelée athérosclérose, qui aboutit au fil du temps à l’obstruction de ces vaisseaux. L’évolution se fait longtemps sans symptôme, et lorsque l’accident survient, la maladie est déjà à un stade avancé. Cependant, des médicaments et des actes chirugicaux permettent de retarder ou d’éviter ces accidents, à tout âge de la vie.

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Qu’est ce que l’athérosclérose ?

Avec l’âge, le tissu qui constitue les artères devient plus rigide et perd de son élasticité ; il s’agit d’un phénomène normal de vieillissement que l’on nomme artériosclérose.

L’artériosclérose s’accompagne très souvent de dépôts de lipides (cholestérol) sur la paroi interne des artères ; on nomme ces plaques, plaques d’athérome.

On parle d’athérosclérose lorsque l’artériosclérose s’accompagne de plaques d’athérome ; c’est le cas le plus fréquent. Nous avons tous des plaques d’athérome dans les artères qui se développent depuis l’adolescence ; cependant, elles n’aboutissent pas toujours à l’obstruction de l’artère. Certains facteurs de risque vont favoriser le développement de ces plaques et l’obstruction des artères : le tabagisme, l’excès de cholestérol, l’hypertension artérielle, le diabète,…
Lorsque l’artère se bouche complètement, le sang ne peut plus atteindre l’organe que dessert cette artère, provoquant un manque d’oxygène pour les cellules et/ou l’organe. C’est pourquoi il faut agir le plus précocément possible sur les facteurs de risque.

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Quels sont les autres principaux facteurs
de risque cardio-vasculaires ?

Un facteur de risque se définit comme une caractéristique (génétique ou environnementale donc qui inclut le mode de vie) qui permet d’évaluer la probabilité qu’a un individu de développer une maladie donnée.
Les maladies cardio-vasculaires, en particulier l’atteinte des artères coronaires à l’origine de l’angine de poitrine et de l’infarctus du myocarde, sont favorisées par un certain nombre de facteurs de risque. Hormis l’hérédité, le sexe et l’âge, les principaux facteurs de risque cardio-vasculaire sont modifiables :

- le tabagisme : presque toutes les personnes victimes d’un infarctus avant
45 ans sont des fumeurs. Entre 30 et 70 ans, 4 décès cardiovasculaires sur 10 sont dus au tabagisme ; les méfaits du tabac sur le cœur et les vaisseaux sont nombreux :

  il favorise la constitution de plaques d’athérome sur la paroi des artères ;
  il favorise la formation de caillots (thrombose) venant obstruer brutalement les artères ;
fleche  il altère aussi la capacité de dilatation des vaisseaux, ce qui peut provoquer des spasmes artériels, avec une interruption brutale de la circulation sanguine.
C’est sur le risque cardiovasculaire que le bénéfice de l’arrêt du tabac est le plus spectaculaire ; en effet, quelques années seulement après l’arrêt du tabac, un ancien fumeur retrouve le niveau de risque cardio vasculaire d’une personne qui n’a jamais fumé.

- L’hypertension artérielle (ou HTA), c’est à dire une élévation permanente de la tension artérielle ; la trop forte pression du sang dans les artères fatigue le cœur prématurément car il le contraint à une surcharge de travail. L’hypertension artérielle favorise le développement des plaques d’athérome à l’intérieur des artères ; les artères les plus menacées sont les artères coronaires qui apportent le sang au muscle cardiaque, les artères du cerveau et celles des jambes.
Des maux de tête d’apparition récente, un flou visuel ou des bourdonnements d’oreilles peuvent être le signe d’une hypertension artérielle ; la bonne façon de savoir si vous êtes hypertendu est de faire mesurer régulièrement votre tension artérielle par votre médecin. Les éléments qui favorisent l’hypertension artérielle sont l’hérédité (il existe des familles d’hypertendus), l’alimentation trop riche en graisses ou en sel, l’excès de poids, la sédentarité, la consommation excessive d’alcool, le tabac, le stress…
On traite l’hypertension grâce à des médicaments efficaces, mais également en modifiant son mode de vie : reprendre une activité physique, diminuer la consommation de sel, d’alcool et de tabac, retrouver un poids normal si l’on est en surpoids.

Voir ma boîte à outil " Les chiffres à retenir "

- Le diabète, c’est à dire un excès de sucre dans le sang ; on parle de diabète dès que la glycémie à jeun dépasse 1,26 g/l sur 2 dosages consécutifs, ou bien que n’importe quelle glycémie dans la journée dépasse 2 g/l. Quel que soit le type de diabète (type 1 ou type 2), l’excès de sucre chronique dans les artères entraîne une atteinte progressive des artères et des petits vaisseaux de tout l’organisme.
Retrouver une glycémie normale est donc une priorité lorsqu’on souffre de diabète ; cela passe par les traitements (antidiabétiques oraux ou insuline), soutenus par l’activité physique et l’alimentation.

- L’hypercholestérolémie, ou excès de cholestérol dans la sang. Le cholestérol est une graisse naturelle indispensable à l’organisme, fabriquée en grande partie par le foie.
Il y a deux types de cholestérol, le « bon » ou HDL et le « mauvais » ou LDL ; une augmentation du LDL-cholestérol dans le sang représente un facteur de risque déterminant. A l’inverse, un taux de HDL bas est également un facteur de risque. Lorsque le taux de cholestérol total (HDL + LDL) dépasse 2 g/l, le « mauvais » cholestérol a tendance à se déposer sur la paroi des artères, favorisant le développement des plaques d’athérome.
Il existe quatre grandes causes à l’excès de cholestérol :

 une alimentation trop riche en graisses « saturées », apportée par les aliments d’origine animale comme les viandes, les œufs ou les produits laitiers (fromages, beurre,…) ;

 un terrain génétique particulier ;

  certaines maladies qui affectent le rien, le foie, la thyroïde ou le diabète peuvent être responsables d’une augmentation du taux de cholestérol ;

  Certains médicaments comme les contraceptifs oraux ou la cortisone peuvent augmenter le taux de cholestérol ; celui-ci revient cependant à la normale à l’arrêt du traitement.

Là encore, l’alimentation joue un rôle important ; la modification des habitudes alimentaire peut permettre de réduire de 15 % son taux de cholestérol : limiter la consommation de graisses d’origine animale et privilégier le poisson et les huiles végétales. L’activité physique régulière améliore également les choses : 
30 minutes de marche par jour permettent d’augmenter le bon cholestérol.

Retrouvez les conseils diététiques sur notre newsletter N°1 
à l’adresse suivante :
 http://af-polyarthrite.net/nl1alimentation.html

- L’excès de poids : la valeur du tour de taille comporte en elle-même une bonne valeur indicative du risque vasculaire. Il faut être vigilant si le tour de taille est supérieur ou égal à 88 cm chez la femme et supérieur ou égale à 102 cm chez l’homme. L’obésité résulte généralement d’une prédisposition génétique (plusieurs gènes participent au mécanisme du stockage des graisses et à sa régulation) et de facteurs d’environnement très importants : sédentarisation, diminution de la dépense physique, modification de nos habitudes alimentaires au profit des graisses et des sucres. Ceci entraîne un déséquilibre entre dépenses et apports caloriques, au profit de ces derniers, conduisant à un stockage de l’énergie non dépensée sous forme de graisse.

Voir ma boîte à outil " Je calcule mon IMC  "

 - La sédentarité : c’est un facteur de risque indirect qui joue sur l’hypertension, le diabète, le surpoids, l’hypercholestérolémie,…
Pratiquer régulièrement une activité physique permet de « muscler » son cœur et d’améliorer la circulation sanguine. En effet, c’est le sang qui apporte aux muscles l’oxygène dont ils ont besoin ; au cours de toute activité physique, les muscles en action exigent plus d’oxygène, donc plus de sang. Cette demande accrue en oxygène est satisfaite par une adaptation du système cardio-vasculaire : le cœur augmente son débit, tandis que le réseau des artères dirige le sang en priorité vers les muscles en action, à commencer par le cœur lui-même, en plein effort de pompage intensif.
Comme tout muscle, le cœur gagne en puissance lorsqu’il est entraîné régulièrement : il propulse le sang à chacune de ses contractions. Ainsi, il n’a pas besoin de se contracter aussi souvent qu’un cœur non entraîné, il économise donc son énergie. Il répond aussi plus rapidement aux demandes d’oxygène des muscles en action et s’adapte mieux aux besoins de l’organisme.
En outre, l’activité physique améliore la circulation sanguine en dilatant les artères, permettant ainsi une meilleure irrigation de tous les muscles. Régulièrement pratiquée, elle permet de lutter efficacement contre l’excès de poids et peut améliorer une hypertension artérielle modérée.

Les facteurs de risque ne s’additionnent pas, ils se potentialisent, c’est à dire qu’ils s’aggravent l’un l’autre. Ainsi, l’association de plusieurs facteurs de risque, même de faible intensité, peut entraîner un risque très élevé d’être atteint d’une maladie cardio-vasculaire. Par exemple, si vous avez une tension artérielle modérée, une petite intolérance au sucre, un cholestérol moyennement élevé, et que vous êtes un petit fumeur, vous êtes beaucoup plus « à risque » que celui qui aura un cholestérol très élevé isolément.
A l’inverse, les gains sur chaque facteur de risque, eux-aussi se potentialisent : un peu moins de tabac, un peu moins de « mauvaises graisses », un peu plus d’activité physique et vous redevenez beaucoup moins « à risque ».

L’AFPric vient de sortir un  nouveau magazine : « PolyTonic » qui vous aide à redevenir actif, à travers vos activités de la vie quotidienne ou les activités physiques et de loisirs. Suivez le lien vers le site de l’AFPric.

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Pourquoi les patients atteintes de PR sont davantage concernés
par le risque cardio-vasculaire ?

Les études ont depuis longtemps montré que la polyarthrite rhumatoïde est associée à un risque majoré d’événements cardio-vasculaires ; une athérosclérose prématurée serait à l’origine de ce phénomène, mais les mécanismes exacts n’ont pas encore été complètement élucidés.
On pense que le syndrome inflammatoire associé à la PR, ainsi que l’effet de certains traitements (AINS et cortisone) pourraient favoriser le développement des plaques d’athérome.
Le syndrome inflammatoire est le tableau biologique survenant au cours des réactions inflammatoires et qui se manifeste par l’élévation de la vitesse de sédimentation et une modification des taux sanguins de certaines protéines (dont la CRP par exemple, mais aussi certaines Interleukines ou le TNF-alpha) ; ces cytokines inflammatoires présentes en excès perturbent le fonctionnement tissulaire de la paroi interne des vaisseaux sanguins (l’endothélium vasculaire) et cela favorise la développement des plaques d’athérome.

A côté de cela, certains traitements traditionnellement prescrits pour traiter la PR, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et la cortisone à une dose supérieure à 10 mg par jour, jouent également un rôle dans le développement de la plaque d’athérome et l’augmentation du risque cardio-vasculaire. La prescription de ces médicaments devra donc prendre en compte les autres facteurs de risques cardio-vasculaires (âge, tabac, surpoids, …) afin de ne pas l’augmenter.

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Le risque cardio-vasculaire au féminin

Le risque cardio vasculaire existe également chez la femme. Avant 65 ans, les accidents vasculaires sont plus fréquents chez les hommes, mais cette différence s’atténue au-delà ; les maladies cardio-vasculaires touchent les femmes en moyenne 10 ans plus tard que les hommes.
Il y a donc un certains nombre d’idées reçues à combattre, pour que la prise en charge des maladies cardio-vasculaires chez les femmes soit plus efficace ; toutes les études montrent que, en cas d’infarctus, la femme arrive plus tardivement que l’homme à l’hôpital et est traitée en moyenne 1 heure après. Les femmes hospitalisées pour maladie coronaire bénéficient de moins d’examens et d’interventions que les hommes.

Les facteurs de risque sont pourtant les mêmes chez les hommes et chez les femmes ; le premier d’entre eux, le tabac est devenu au cours de ces dernières décennies le risque cardio-vasculaire essentiel de la femme avant la ménopause. En fumant, une femme annule la protection dont elle bénéficie du fait de son statut hormonal.
L’association tabac + pilule est particulièrement nocive, elle augmente surtout le risque de thrombose, mais également celui d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral.

Les traitements hormonaux substitutifs peuvent également représenter un risque cardio-vasculaire : ils augmentent principalement le risque de thrombose veineuse (phlébite, embolie pulmonaire). Le traitement hormonal substitutif devra donc être prescrit de préférence aux femmes ayant un faible risque cardio-vasculaire, en surveillant régulièrement le cholestérol.

L’hypertension est généralement moins fréquente chez les femmes, tant que les œstrogènes peuvent jouer leur rôle protecteur ; en effet, cette hormone agit sur le métabolisme lipidique en favorisant le bon cholestérol et limite la formation de la plaque d’athérome. Cette protection diminue bien évidemment avec l’âge, et à partir de 65 ans, il y a autant d’hypertension dans les 2 sexes.

Il est donc important de pouvoir évoquer avec son médecin l’existence d’une maladie cardio-vasculaire ; les facteurs de risque sont bien connus et les il faut les contrôler régulièrement (tension artérielle, cholestérol, glycémie,…) surtout lorsqu’on souffre d’une PR qui représente déjà en soi un facteur de risque.

Il est également important de savoir reconnaître chez une femme les signes de l’infarctus et de l’angine de poitrine ; ceux-ci ont souvent une présentation trompeuse.

tableau homme femme

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La polyarthrite rhumatoïde, et plus généralement les maladies inflammatoires chroniques, représentent à elles seules, un facteur de risque cardio-vasculaire, surtout si la maladie est ancienne, sévère et non contrôlée. Cela s’ajoute à certains facteurs de risque que nous avons tous (âge, sexe, antécédents) et pour certains sur lesquels nous pouvons agir (alimentation, activité physique, tabac,…).
N’hésitez pas à en parler à votre médecin, qui évaluera avec vous votre risque individuel, et vous conseillera sur la conduite à tenir.

Car en conclusion, si le risque cardio-vasculaire personnel est évalué, les accidents graves ne sont pas une fatalité :
- il y a aujourd’hui plusieurs traitements ou techniques pour favoriser
l’arrêt du tabac ;
- lutter contre la sédentarité ne signifie pas obligatoirement devenir « sportif », mais modifier quelques habitudes (marcher un peu plus, bouger un peu plus) ; le magazine PolyTonic peut vous aider dans cette démarche, n’hésitez pas à venir le découvrir 
- en présence de cholestérol, on peut modifier son alimentation et bénéficier de traitements qui ramènent le taux à la normale ;
- en cas d’hypertension, quelques kilos en moins suffisent parfois à la réduire suffisamment et les anti-hypertenseurs sont largement prescrits en France, évitant chaque année des accidents graves ;
- enfin, grâce aujourd’hui aux traitements de la PR qui contrôlent l’inflammation, ce facteur de risque peut lui aussi être réduit.

C’est en partie grâce à la meilleure prise en charge du risque cadio-vasculaire et des maladies qui en découlent que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter en France, y compris pour les polyarthritiques. Pour rappel, une fillette née en 1900 avait une espérance de vie de 48 ans, une fillette née en 2000 a une espérance de vie de 83 ans.

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